L'ombre de Cian

Cian avait compris l'équation,
trouvé peut-être la parfaite solution
des jardins secrets.

Chacun, réservé pour l'amour
de qui le visiterait un jour,
était merveilleux mais bien caché,

Chacun, différemment fleuri,
avait sa propre géométrie
afin d'y vivre en paix.

Le Monde de Cian, enfin
semblait confiant, serein...
C'est alors que survint l'ombre.

Âprement elle s'imposa d'un coup,
chassa l'espoir partout,
ne laissa aucune pensée libre.

Elle hurla sans pitié :
"Le silence n'est pas de l'amitié,
L'absence est lugubre !

Vois cette réalité !
Tu vis dans le passé,
Tu chéris de vieux émois !

Regarde ! Où sont tes amies ?
Les couleurs se sont enfuies,
La lumière a eu peur de toi !

Qu'as-tu fait de tes envies ?
Juste un mortel ennui,
un dégoût de soi !

Tes petits jardins secrets
bien alignés, bien proprets
ne sont que des tombes fleuries !

Et tes poèmes ne sont
que de funèbres oraisons
pour des amours sans vie !"

Cian vit alors en une seconde
basculer tout son monde
en un cimetière infini.

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